mercredi 17 décembre 2008

Mots dangereux...

Si on vous demande votre "nome", comprenez qu'il s'agit de votre prénom: sinon, le carabinier pourrait s'énerver...
Si vous entendez ' fin all arrivo', cela peut parfaitement dire depuis l'arrivée (et non pas 'à la fin de l'arrrivée', 'jusqu'à l'arrivée'...): ne manquez pas votre train.
Les 'carte' ont été déposées par un gentil collègue sur votre bureau: il ne s'agit pas de cartes à jouer (dans ce contexte), rassurez-vous; seulement de papiers. La chef ne se fâchera pas.

Légumes: si vous dîtes 'legumi', vous aurez des féculents (... légumineuses...) si vous voulez des légumes verts, demandez de la 'verdura'; quant au finocchio, attention: bien sûr, c'est du fenouil. Mais c'est aussi une injure envers un homme "à orientation sexuelle différente". Commandez-en si vous aimez, mais regardez bien autour de vous avant ...   

lundi 15 décembre 2008

Le Tibre est en crue...

c'est peut être la 5000ème crue depuis la fondation de Rome; il roule une eau très brune, lourde, parcourue de vastes rouleaux qui se nouent avec des spasmes. Quelques miettes d'arbres passent, des bouts de bâteaux.
Rien d'extraordinaire, et les vénérables ponts Fabricius, Sulpicius, Sestius, tiennent sans trembler. Dans l'île du Tibre, les malades peuvent dormir tranquilles dans leur lit, l'hôpital "Fattebene Fratelli" ne sera pas submergé; les chats peuvent continuer à manger leur Ronron dans les couloirs à la réception, entre 2 courses à la souris.

Pourquoi donc les journalistes nous font-ils peur avec ça? Une fois encore, je les surpends à déformer les faits pour les rendre intéressants. Mais pourquoi toujours déformer dans le sens qui fait peur? pourquoi tout voir en négatif?
Finalement, l'époque était belle où l'on disait : "la mobilisation n'est pas la guerre"!

dimanche 14 décembre 2008

Dolce vita

Il est midi, le bus des transports urbains rentre au dépôt. Ravi de sa fin de travail, le chauffeur conduit allégrément en:
téléphonant
lisant le journal déployé largement sur le volant
Elle est pas belle la vie en Ville?

jeudi 11 décembre 2008

Un sens aigü de l'adaptation

Voici deux exemples du sens aigü que les gens ici ont de s'adapter:
* Il a plu des cordes: chacun sait que la via Ardeatina est à un certain endroit tellement en cuvette, qu'elle est pleine d'un mètre d'eau: la première voiture qui ose tenter la traversée est noyée en 2 minutes. Donc chacun prend un autre chemin. C'est tout... rien ne le signale, mais on le sait, e basta.
* L'ascenseur a protesté tout à l'heure, car il trouvait son chargement trop lourd. Une dame avisée s'est déplacée vers la paroi du fond, et l'ascenseur nous a trouvés plus légers: il est monté.

"Vérité en deça des Pyrénées, erreur au delà..."

lundi 8 décembre 2008

8 décembre, fête de l 'Immaculée Conception: toute la Ville

a chômé aujourd'hui, et le capitaine des pompiers est venu avec sa plus grande échelle, place d'Espagne. Il avait au bras une énorme couronne de fleurs, qu'il est allé poser au bras de la Madone, au milieu d'un grand concours de foule.
Le maire était là, et aussi le Pape; du reste, au temps où le maire était communiste, c'était le seul concours de circonstance qui leur permît de se rencontrer... sans que le Pape puisse laisser croire qu'il considérât le communisme comme recevable (n'a-t-il pas écrit, avant 1939, une encyclique fort claire sur la question? )

mercredi 3 décembre 2008

Le quartier s'appelle le ghetto

et pour cause: les Juifs y ont toujours vécu, et c'est là que les Papes les ont obligés à se grouper en communauté; ils sont toujours là, même si les murs du ghetto ont été abattus, et même si les maisons ont été reconstruites beaucoup plus belles lors de l'aménagement des berges du Tibre (vers 1880).
Ce sont de vrais Romains, ils sont arrivés ici bien avant la naissance du Christ, et ont tout naturellement fourni  - par suite d'hérésies - les premiers contingents de Chrétiens à l'Eglise de Rome. Le sujet était tellement controversé que pendant des siècles, les mosaïstes ont pris grand soin de figurer à l'abside une représentation de l'Eglise issue des Juifs ("Ecclesia ex circumcisione"), avec une représentation de l'Eglise issue des païens ("Ecclesia Gentium"); cela peut aujourd'hui paraître dépassé, mais il suffit de regarder autour de soi, Terre Sainte comprise, pour comprendre que ces cohabitations - conversions ont été mal vécues. Sont-elles mieux acceptées aujourd'hui ? Peut-être.

Quelle est mon impression après 8 mois?
1) Il est agréable de partager , même de loin, les fêtes hébraïques; dernièrement, les restaurants de la via del portico d'Ottavia ont construit des baraques en bois, sur le trottoir, pour commémorer Sukkot, la fête des tentes. C'est original. Le samedi / sabbat est très calme...
2) A la différence de la France, ces gens ne sont pas arrivés d'Afrique du Nord ou d'Europe Centrale: ils sont totalement Romains. Et comme le popolo minuto du Trastevere, ils descendent leur fauteuil en alu les soirs d'été , pour causer avec les voisins dans la rue. Un vrai plaisir de quartier.
3) Beaucoup de touristes défilent à la synagogue, puis aux restaurants cacher. Par moment, on est à New-York (il est vrai qu'en 1943 Mussolini en a fait rafler 1440, petits enfants compris)
4) Mais ce qui à l'usage me frappe le plus, c'est une imperceptible peur, qui règne partout et en tout temps, qui fait qu'on est sourdement surveillé / protégé en permanence, par la police officielle, la municipale, et les costauds de la milice privée, qui tournent dans les rues avec un désoeuvrement pesant = mais brailleur. Je ne suis pas assez malin pour le vérifier, mais je suis sûr que mes mouvements sont fichés, ainsi que mes rythmes de vie. L'avantage est que la bicyclette ne craint rien.
5) Enfin, l'Etat d'Israël est évoqué partout, jusque sur les grilles de la synagogue, qui portent l'image de 2 victimes israëliennes, 2 jeunes soldats. Malheureuse Terre Sainte, où coule tant de sang, de tant de côtés à la fois...  
Jusques à quand Seigneur ? 

vendredi 28 novembre 2008

Giovanni Bellini a superbement peint la Vierge


comme en témoigne la reproduction ci-jointe; sa mère est inconnue, il est né hors mariage (son père Jacopo peignait déjà admirablement), et je pense que la tendresse qu'il avait pour cette maman qui s'est sans doute effacée pour lui, s'est transposée dans ses peintures.
En revanche, je ne m'explique pas qu'il peigne ses Christ de façon aussi charmeuse: les dernières oeuvres présentées aux Scuderie del Quirinale montrent presqu'un playboy portant une Croix (en plastique?). Jésus nous fait un demi clin d'oeil, un sourire mignon, il ne paraît pas engagé dans une lutte à mort contre l'esprit du Mal.
Certes, Giambellini est une des portes majeures ouvrant sur la modernité, par son sens de la couleur, de la perspective, et sa volonté (talentueuse) de personaliser ses sujets. Nous sommes en quelques décennies catapultés loin de l'abstraction respectueuse, mystérieuse, de la peinture byzantine ou médiévale (mais tout cela = n'en déplaise aux inconditionnels des Lumières= se déploie au sein d'un espace chrétien): mais cette manière de peindre le Christ me laisse penser qu'il en était moins proche qu'un autre peintre personaliste: Fra Angelico.
Enfin , tout cela prépare la route des géants du Vatican: Raphaël et Michel Ange... Mais je ne suis qu'un agronome, et cesse là mon bavardage.

jeudi 20 novembre 2008

Curieux proverbe, semble-t-il très familier

"Fidarsi e bene; non fidarsi e meglio"
= faire confiance, c'est bien; se méfier c'est mieux

lundi 17 novembre 2008

Devant le stand de la FAO, que je tenais


lors d'une conférence internationale sur la biodiversité. Ce n'était pas ma spécialité, mais puisque j'avais prévu de m'y rendre, j'ai accepté de parler pour toute "la maison".

jeudi 13 novembre 2008

Le choc des civilisations

La scène se passe sur le Forum Romain, je suis avec des amis.
Il y a Margot, blonde, Allemande, luthérienne et =donc= disciplinée. 
Il y a Thomas, né à Sète (Hérault) Français de parents Italiens: brun, au physique sec comme un toreador. 
Nous arrivons à l'un des lieux les plus sacrés, où l'on cultive toujours 3 des plantes fondamentales de la Méditerranée: vigne, blé, figuier. C'est la fin de l'été, et le pauvre arbre présente des fruits bien violets, bien mûrs. D'un geste tout à fait spontané, Thomas cueille une figue et la déguste. Que sont les figues ici ? moins que des guignes en Normandie...
Margot s'en offusque, et ne peut s'empêcher de faire une observation en français à Thomas: On ne cueille pas les figues du Forum Romain.
Réponse: "Mais Madame, elles sont meilleures!"

C'est comme ça tous les jours, ici...

lundi 10 novembre 2008

Si je vous écris avec condiscendenza

ne vous fâchez pas: ici, ça ne signifie qu'avec indulgence; il n'y a aucune pointe de mépris là dedans.
Si le métro vous annonce à l'arrêt une coincidenza avec le bus 160, n'allez pas croire qu'il est sur le point de passer: cela signifie simplement qu'une correspondance est possible (avec toutes les évetualités que ce terme comporte ici)... le bus 160 peut ne jamais passer, parexemple pour cause de déjeuner de midi, et de droit acquis par la mafia des autiste (chauffeurs).

Enfin, attention à l'accent tonique: à SS Benoît XVI on dit 'Paaapa", à son Père on dit ici "Papaaa".
Et selon que je prononce, je suis Jean ou je suis jeune (à une finale près). Il paraît que ça va durer...

vendredi 7 novembre 2008

Plus de timbres à la poste italienne

Du jamais vu : la poste italienne n'a pas de timbres à vendre.
Le 'gentile cliente' est gentiment invité à faire affranchir son courrier à la machine, qui pèse et colle une laide étiquette selon la destination.
Certains tabacs vendent bien des timbres, en temps normal: mais, là non plus, rien à faire : il sont en rupture de stock, et gardent sans doute leurs derniers "francoboli"pour les meilleurs clients, ceux qu'on connaît : les grands fumeurs.
Circulez, y a rien à voir.

dimanche 2 novembre 2008

Depuis que la pauvre Octavie est morte, la rue


qui passe le long de "son" portique est bien calme; et à la première pluie, l'herbe pousse entre les pavés !

Ici, les pavés s'appellent 'sanpietrini', car c'est à partir de la place San Pietro, devant la basilique, qu'on a commencé à repaver la Ville.
Ces pavés sont charmants, ils donnent un air campagnard à Rome (qui est à maints égards une métropole de province rurale), mais ils font bien souffrir les cyclistes. 

samedi 1 novembre 2008

Les fêtes de fin d'année approchent, et sur la margelle de ma fenêtre


le petit oranger a mis ses " guirlandes" les fruits mûrissent... L'oranger est en plein air de Rome, ça lui profite semble-t-il...

cliquez donc sur la photo, elle s'agrandira et vous verrez la promesse de récolte