dimanche 22 mars 2009

Les pièces € frappées en Italie sont vraiment belles...

Voici ce qu'en dit Stefania Mola, "Castel del Monte", ed. Adda:
" De la romanité à l'art moderne, en passant par le Moyen Âge et la Renaissance, l'Italie exprime sa créativité... à travers la monnaie.

...

Le Colisée, Castel del Monte, la Mole antonelliana pour l'histoire de l'architecture; un détail de la 'naissance de Vénus' de Sandro Boticelli, Dante vu par Raphaël, et l'homme de Vitruve dessiné par Léonard de Vinci pour la peinture. Marc Aurèle et formes uniques dans la continuité de l'espace, par U. Boccioni pour la sculpture: tels sont les motifs figurés par l'Italie sur ses Euros.

Un véritable traité d'histoire de l'Art.

Le choix des pièces est le résultat d'un processus très construit... avec commission spécialisée... sondages d'opinion... émission télévisée.

Par ces choix, la commission a voulu souligner la valeur du Progrès humain."

L'Unification italienne, vécue par les Romains

Le bulletin de l'Union des Français de Rome et du Latium, publie dans son n°448, un article fort instructif sur les efforts de Garibaldi en 1867, "qui va chercher à susciter un soulèvement populaire à Rome sans y parvenir".
... (Mais au printemps 1867) " se cristallise le malentendu qui entraînera l'échec du mouvement: le peuple de Rome dans sa majorité n'est pas prêt à une insurrection de grande envergure. (...) Effectivement, le 22 octobre, la grande insurrection romaine que Francesco Cucchi préparait depuis longtemps aurait dû éclater. Mais on en parle depuis trop longtemps et la police est en alerte. L'insurrection va se réduire à quelques actions, héroïques mais limitées, vouées à l'échec du fait de leur isolement. (...) Guerzoni, avec une centaine d'hommes, doit tenter de forcer la porta San Paolo avec un chargement d'armes; au lieu de 100 hommes, il en trouve 7! Il est attaqué par les zouaves (soldats de Napoléon III, nd blog) et doit abandonner le terrain et les armes. Le général Zappi, gouverneur de Rome, fait murer 6 des 12 portes de la Ville, empêchant toute tentative de renforts extérieurs. (...)
Ainsi finit l'insurrection de Rome de 1867 qui n'avait pas retrouvé l'esprit et l'élan du temps (...) de la République Romaine de 1849.

Le 20 septembre 1870 un détachement de bersagliers de l'armée italienne entre dans Rome par la brèche de la porta Pia, mettant fin à l'État pontifical dans la forme qu'il avait connue depuis Charlemagne."
(auteur : Francis Boussier)

samedi 21 mars 2009

Vous avez dit "maffia" ? (dernier billet)

Cher lecteur, 
je ne vais pas traduire en entier le travail remarquable de Roberto Saviano: l'ouvrage est déjà traduit, vous pouvez le trouver dans toutes les bonnes librairies. Il a fait l'objet d'un film en version française également... je vais donc m'arrêter avec ce dernier passage, qui fait référence à Don Pepino, prêtre catholique de la terre de la camorra, qui a eu le courage de s'engager. 
Voici le texte qu'il avait rédigé: (extraits, traduction libre)
(origines de la maffia)
  • La méfiance de l'homme du Sud à l'égard d'institutions dont l'incapacité multi séculaire est prouvée, ... pour résoudre les problèmes du mezzogiorno, en particulier en ce qui concerne le travail, la famille, la santé, l'éducation
  • la suspicion qu'une partie des hommes politiques est de mèche avec la camorra  en échange de services rendus
  • l'impression diffuse d'insécurité permanente, et de risque personnel: elles découlent d'une protection juridique insuffisante, d'une lenteur excessive de la machine de la Justice, de l'ambiguïté des instruments législatifs; elles conduisent  à rechercher la protection de la camorra
  • l'opacité du marché du travail, 
  • la carence ... y compris dans le domaine pastoral, en matière de formation sociale authentique (former des hommes et des citoyens adultes, en même temps que des chrétiens adultes) 
Don Pepino a été assassiné le 19 mars 1994, dans son presbytère.





jeudi 19 mars 2009

Selon M. Giulio Tremonti, ministre italien de l'

économie et des finances, "les banques italiennes ont été sauvées de la crise américaine des 'sub prime' pour la bonne et simple raison que les banquiers italiens parlent très peu ou très mal anglais". 
(Source: bulletin "Forum", revue de l'Union des Français de Rome et du Latium, n° 449)

mercredi 18 mars 2009

Je ne savais pas les médias si rapaces...

En montant samedi à mon cher Callian, j'ai croisé la course cycliste Paris-Nice, et me suis sagement garé sur un bas côté; la défilé des coureurs, entrecoupé de gendarmes sur de puissantes motos, de grosses voitures, d'ambulances, avait quelque chose de beau mais d'un peu irréel. Un hélicoptère nous protégeait de son ombre... et de son bruit saccadé.
Le chateau des XIè & XIIè siècles est resté toutefois imperturbable, de même que les merles qui sifflaient dans les rosiers à parfum. "Ils passent, nous restons".
Or le soir à la télé, les images de ce beau village ne sont jamais parues. Cela m'a paru curieux...
L'explication est simple: le maire a refusé de payer une contribution. A moi, il aurait plutôt semblé juste que les télés payent pour filmer ce site superbe... Ce n'est pas grave: lors des obsèques de Soeur Emmanuele, vous fûtes nombreux à me dire combien l'endroit vous avait plû, à l'écran.

Vous avez bien raison.

lundi 16 mars 2009

Autres mots amusants...

Chez Molière,un barbon est un vieux monsieur grincheux; en italien, c'est un mendiant!
Votre belle soeur est la suocera...
et votre belle mère, cognata (connue ?)
Quant aux petits enfants c'est en langue ordinaire comme les neveux: nipoti; le népotisme peut ainsi s'exercer plus largement...

vendredi 13 mars 2009

Quelques mots amusants...

En langue italienne, les disoccupati sont tellement désoeuvrés, que ce sont des... chômeurs.

La messe à l 'église est une chose tellement ordinaire, habituelle, que l'on parlera parfois d'une 'fonction', la funzione.

Et le massone n 'est pas le maçon qui est un muratore, mais le franc maçon.

samedi 7 mars 2009

"Que de "mosquées" dans ce quartier..."

entendrez vous dire à votre voisine: en fait, il faut comprendre "mosche" (prononcer moooské): il y a beaucoup de mouches dans ce quartier.

"Allons à la cantina": ce n'est pas le restaurant d'entreprise, ni la caisse en fer dans laquelle j'avais mis mes effets en allant faire mon service militaire, c'est la coopérative viticole.

A l'arrêt de bus, vous lisez que les jours fériés, le service termine à 23h. N'en croyez rien: feriali en italien , désigne les jours ouvrés Si vous voulez savoir si le bus passera dimanche, regardez la rubrique giorni festivi , les jours festifs.(nous parlons bien de repas festifs...). Il se pourrait bien que le service soit abrégé...

dimanche 1 mars 2009

Chronique du temps qui enseigne...

Lorsque j'étais attaché agricole en Allemagne, j'avais remarqué que lors de mes rendez-vous professionnels il était préférable que j'aille vite au fait, que je ne me perde pas en "baratins d'approche", que j'épargne la patience de mon interlocuteur, et que je pose ma question ou communique mon information sans tarder: ex.: "La Commission propose une baisse du prix garanti du blé de 2 %, qu'en pensent actuellement les milieux gouvernementaux allemands?"

A cette époque là, j'avais passé des vacances en Corse avec des amis français, et dans nos relations avec les indigènes, c'était tout le contraire ; le plus sûr moyen de ne pas avoir de réponse, lorsque je demandais mon chemin, c'était de poser ma question d'emblée (tout de gault): "S'il vous plaît Madame, la route de Cargèse ?". Non , il fallait que je commence pas dire "eh bien nous venons du Continent, moi je suis de la Côte d'Azur; nous étions à  Ghisonnaccia, nous avons pique niqué près du Fium Orbo, et maintenant, mes amies veulent voir Cargèse ; c'est joli? Vous connaissez?"

A la FAO, c'est pareil; il y a des collègues avec qui il ne faut pas perdre de temps, et qui ne signent que des lettres courtes, "prussiennes" (ces collègues sont du monde sémantique nord américain ou anglo saxon). Et il y a ceux, innombrables , qui COMMUNIQUENT AVANT TOUT PAR LE CONTEXTE (et j'en fais partie), dont le courrier est plus long, plus multiforme... Il s'agit des Africains, du monde héritier de la Méditerranée ( peuples romans, Latino-américains compris, monde arabe, slaves et orthodoxes... bref de nombreuses occasions d'apprendre à se connaître, avant d'apprendre ce que l'autre veut dire.  
Cela rend évidemment le quotidien bien savoureux.  

jeudi 26 février 2009

Vous avez dit maffia? (5)

Continuant de citer Roberto Saviano, "Gomorra", je vous livre à présent quelques extraits traduits à ma façon du chapitre sur les déchets.

"Le sud est le terminus de tous les déchets toxiques, restes inutiles, lie de la production. Si les déchets hors contrôle - selon Legambiente- étaient mis en un seul tas, cela ferait 14 millions de tonnes, pratiquement une montagne de 3 hectares à la base, montant à 14.600 mètres. (...) Les clans de la région de Naples (...) ont encaissé en 4 ans 44 milliards €. (...) Dans la région de Giuliano, on a découvert une grotte abandonnée, totalement remplie d'ordures. La quantité déversée correspond à la charge de 20.000 poids lourds, mis bout à bout, cela ferait une file de Naples à Milan. (...) Les campagnes de Naples et Caserte sont des archives vivantes de l'industrie italienne. En visitant les décharges et les grottes, on voit le destin des produits industriels pendant des décennies. (...) 
Un jour qu'un agriculteur labourait le champ qu'il venait d'acheter, le moteur de son tracteur peinait comme si la terre avait été particulièrement lourde.  Soudain, du papier en lambeau sortit du côté du soc: c'étaient des sous, des milliers de billets de banque, des centaines de milliers; le paysan jaillit de son tracteur et se mit à les ramasser frénétiquement. Malheureusement, ils avaient été décolorés et déchiquetés: billets de la Banque d'Italie, tonnes de ballots sortis de la frappe; le temps de la lire italienne se terminait sous terre, les déchets de vieux papier monnaie libéraient leur plomb dans un champ de choux fleurs. " 

dimanche 22 février 2009

vous avez dit "maffia" ? (4)

Et toujours Roberto Saviano (je n'invente pas, je traduis "Gomorra") :

" A Secondigliano, on avait militarisé la nouvelle organisation des garçons; on en avait fait des soldats.
Pikachu et Kit Kat m'amenèrent chez Nello, un restaurateur à pizza chargé de nourrir les garçons du Système à la fin de leur service. J'avais à peine mis les pieds dans la pizzeria, qu'entrait un groupe ; ils étaient boudinés, du fait des gilets pare-balles. (...) Visages de jeunes garçons, quelques uns avaient un peu de duvet sur les joues, ils avaient de 13 à 16 ans. (...) Ils mangeaient, mais surtout ils buvaient: eau, Coca, Fanta. Incroyable, cette soif. Tout dans leur bouche avait séché, de la salive aux paroles.
Puis je compris qu'ils venaient des gardes de nuit, et qu'ils s'étaient shootés; on leur donnait du MDMA pour qu'ils ne s'endorment pas et qu'ils gardent l'appétit. MDMA fut breveté par Merck (Allemagne) et donné aux soldats allemands pendant la Première Guerre Mondiale, on les surnommait "Menschenmaterial" , matériau humain: ainsi, ils dominaient la faim, le gel, la terreur.
Les Américains en ont fait aussi usage pour leurs espions.
Et maintenant, ces petits soldats avaient eu à leur tour leur quantité de courage chimique et de résistance artificielle".

Quelques oranges sur l'Aventin

Voici le clocher de l'église Ste Sabine, avec au premier plan l'un des nombreux bigaradiers (oranges amères) qui l'entourent; depuis le parc où ils prospèrent, le promeneur amoureux peut rêver sur le Tibre et la Ville basse et ses coupoles.
Il faudrait aussi, cher lecteur, que vous entendiez le tintement des cloches centenaires qui appellent en ce dimanche matin les fidèles à la prière... c'est un avant goût de la promesse qu'elles portent... 













détail des oranges, dont les plus basses ont été cueillies depuis longtemps: la confiture qu'on en fait (mélangées d'oranges douces) est un autre bonheur.

vendredi 20 février 2009

Pensée du jour (2)

proposée par Paul, collègue de la FAO:

Il était au Sénégal, et bavardait avec le chauffeur du bus, à l'occasion d'une pause repas en pleine campagne:

"- Le Gouvernement vient de prendre une loi contre l'enrichissement illicite, lance Paul.

- oui, répond le chauffeur, qui avait quelques heures de volant. Il faudrait qu 'il prenne aussi une loi contre l'appauvrissement illicite..."

jeudi 19 février 2009

La 'pensée du jour'

m'a été dernièrement proposée par Margot, qui citait Dietrich Bonhoefer:
"La faute la plus grande, c'est de craindre de faire des fautes".
Qui se souvient des premiers mots de Jean Paul II, à la loggia de St Pierre ?

mardi 17 février 2009

Ce soir, il flottait dans l'air de Rome

un léger parfum de fleur, mêlé d'odeur lourde de paraffine, et d'herbe fraîche: n'en doutons plus: le printemps se prépare; cette odeur venait-elle d'amandiers en fleurs? Ils mériteraient bien leur nom biblique, dans ce cas/ Isaïe les appelle les veilleurs, car ils sont les premiers à déceler l'approche des beaux jours, tout comme le coq, en plein coeur de la nuit, sait chanter le matin prochain.